Le filet à papillons

lundi 24 décembre 2012

Savourons...



... chaque moment, nos amis, nos amours, nos douleurs, nos joies... nos blogs chéris ...

Belle année à vous, où que vous soyez...

L'image est de Nikki McClure, une dessinatrice et découpeuse de papier dont j'admire le travail. Ici.

jeudi 13 décembre 2012

Ah mais moi aussi I ♥ my libraire!

Bon sang de bois, allons donc chez nos libraires! Oui, ceux qui se souviennent de nous, ceux qui sont secrètement intrigués par nos goûts, ceux qui nous recommandent avec émotion ce livre qui vient de leur arracher le coeur ou un sourire... Résistons aux grands dinosaures! Ah nos librairies chéries, nos lieux d'érotisme, d'aventure, de liberté, nos lieux de résistance!



Voilà qui me fit sortir de ma torpeur: quand j'ai lu ça chez Céleste d'abord et chez Gaelle ensuite, mon sang n'a fait qu'un tour! Et puis chez La Blonde , , Eliabar, This pretty thing, et les soupiers bien entendu...

Le pire étant que j'ai tendance à fréquenter assez souvent le grand site de la chasseresse du livre... L'article de Gaelle m'a réveillée. Donc si vous connaissez des librairies chouettes avec des sites marchands, tenez-moi au courant, j'aurais l'impression de vivre un peu l'histoire de 84, Charing Cross road... (Tu fais comment Emma?)

Alors ici, oui, je vais souvent à la bibliothèque française, je m'y endors dans de larges fauteuils, je lis les Inrocks et XXI, je découvre des trésors. Mais de librairie comme ça  oú j'ai le coeur qui frétille en passant le pas de la porte, RIEN, le DÉSERT.

Et c'est alors, en lisant tous vos mots, que je me suis souvenue... des heures passées à relire Belle du Seigneur dans la librairie de la rue Saint-André des arts en sortant du ciné; j'y avais planqué un ticket de métro. Il y est resté jusqu'à la fin de ma lecture. 

Et puis bien sûr cette chilienne Avenue de Versailles. 
Je vivais dans le 16ème, un désert de librairies, la bibliothèque la plus petite de Paris. Et puis Elle, qui n'est plus là. La porte bleue, mon regard perplexe la première fois que je suis entrée: je n'y comprenais rien, à ces piles jusqu'au plafond. Elle riait de mes listes de khâgneuse bibliophage. Là, à côté des Méditations sur le tarot, Rimbaud et les Illuminations dans une édition ailleurs impossible à dénicher. Je l'appelais deux fois par semaine, elle me trouvait tout, et plus. Assise au fond, sur un grand tabouret, son accent à couper au couteau, le talon de sa chaussure soutenant une pile de livres peut-être fraîchement arrivés. J'aimais bien qu'elle soit là, au milieu de tous ces tas, de tous ses rayons, de ce quartier mortellement ennuyeux. Elle était la vie que procure la lecture, ses yeux pétillants, son rire charmeur, son rouge à lèvres foncé. Elle était l'aventure, les chemins de traverse, le temps suspendu.

Comme cela me manque! (ah mais tout n'est pas sombre, ici, nous avons des bouquinistes formidables!).
Alors, vraiment, à bientôt.

jeudi 15 novembre 2012

Carte postale d'outre-rien

En ce moment, j'suis un peu la môme néant, mais quand même, il y a:

des scrabbles bilingues, parce que bon.

de bien beaux moments en vérité

un nouveau venu, la joie dans la maison

ma fête préférée

Día de muertos

Si si, je r'viens bientôt, il faut que je vous parle surtout de Paul Auster. J'espère que vous allez bien et que l'hiver vous rosit les joues. Je vous embrasse,

mardi 25 septembre 2012

L'étrange monde de Rosie Carpe et des champignons bleus

Un long week-end dans les bois et j'ai senti l'automne s'installer... Nous avons une sorte d'automne, sans la fraîcheur de l'air ou les feuilles rousses, mais tout de même, les feuilles s'épuisent et tombent. La nuit monte plus tôt, les citrouilles apparaissent, on pense à la fête des morts bientôt là, joyeuse et triste et autour de México, dans les forêts en altitude, on trouve des champignons. Pas des champiñones mais des hongos: le champignon sauvage, étrange, parfois magique. Ces champignons bleus sont des lactarius indigo; on ne les trouve pas en Europe, leur saveur est délicieuse et nous a arraché des Oh et des Ah, poêlés à l'huile d'olive et parsemés de sel de mer. C'est beau non, manger du bleu?






Et puis Rosie Carpe, commencé il y a trois semaines. Au bout de quelques pages, j'étais certaine de m'arrêter bientôt: trop écoeurante atmosphère, et ces personnages, suitant la médiocrité, irrespirable. Je ne me suis pas accrochée, mais je n'ai pas réussi à lâcher le livre. À la moitié, j'avais le coeur qui battait, c'est l'écriture qui m'a prise, tellement précise, tellement ciselée et détaillée que rien ne nous échappe. Ce bouquin est extraordinaire: il fait tenir debout un monde anormal, inimaginable (et plusieurs fois je me suis demandée d'oú Marie N'Diaye pouvait bien sortir tout ça), repoussant. Et c'est une expérience vraiment curieuse, d'éprouver à la fois un immense plaisir, une jubiliation même, dans la lecture, et un écoeurement permanent. À un moment de la journée, ça me tombe dessus, je me sens habitée par ces personnages épais et gris, monstrueux, comme des hallucinations après un festin de champignons bleus, ils sont à l'intérieur de moi, ça continue à vivre. Je me souviens parfois d'un coup de cette écriture si spécifique, ferme, intelligente. Je suis obsédée par  cette expérience de lecture jamais éprouvée. Ça vous est déjà arrivé?

“ J’ignore ce qui m’a rendue enceinte, dit Rosie. (…) quelque chose s’est passé à quoi je n’ai pas assisté, et après, j’étais enceinte. – Ce sont des choses qui arrivent ”




(Mais nooooooon, les champignons bleus ne sont pas hallucinogènes, ce sont comme des cèpes... bleus!).

mercredi 19 septembre 2012

L'humeur du jour


En ce moment, j'ai envie de musique toute la journée, de danser et de chanter aussi!

C'est sans doute pour célébrer ça:

Me voilà docteure ou doctoresse je ne sais plus... en tous cas ici c'est doctora! Je suis maintenant collègue de Dr. House, première femme de la famille a être aussi diplômée, l'impression d'ouvrir une voie pour les jeunes générations... (ça n'est plus révolutionnaire sans doute, mais dans ma famille, si). 

J'écoute Carsie en boucle (et Camille et Keren Ann), alors, pour danser et chantonner:


Et je reviens pour des posts moins égocentriques et plus consistants!

Edit: suis pas docteure en médecine mais en philosophie ;-), Et la photo n'est pas très ressemblante, très retouchée par la fac... on ne sait trop pour quoi...

dimanche 16 septembre 2012

Hysterical hysteria


On avait besoin de rigoler ce soir-là, de s'écouter éclater de rire, de s'éloigner de notre rue aussi. On est allés voir ça:




"Oh my God!" pour son titre original. J'avoue jusque là mon ignorance en la matière: au milieu du XIXs, le Dr Granville (anglais), invente le premier vibromasseur électrique pour libérer les femmes de leur "hystérie" en leur provoquant un "paroxysme" et pour soulager les médecins de leurs crampes aux mains (car jusque-là ils massaient le vagin des femmes manuellement COMME TRAITEMENT MÉDICAL!!!!). Tout est véridique, j'ai du faire quelques recherches pour y croire...

L'article de wikipedia sur le sujet vaut le détour. Qu'est-ce que les femmes se sont fait maltraiter! Heureusement, je suis née dans les années 70... même s'il y a encore de l'ouvrage pour que l'on cesse de nous confiner à certains rôles...

Toutes les femmes de la salle riaient à gorge déployée... (et Maggie Gyllenhal, toujours aussi drôle et brillante!).

Ayez une pensée pour moi demain (lundi), je soutiens ma thèse doctorale............. (je reprendrai ensuite le cours de nos blogueries...).
edit: ahhh je respire, tout s'est très bien passée, mention honorifique et belle journée, me voilà doctora!





mercredi 12 septembre 2012

mardi 4 septembre 2012

Gueule d'amour, gueule d'automne

La rentrée ici, c'est le retour des amis qui sont allés passer l'été en France et rapportent des tas de douceurs dans leurs valises, des puanteurs aussi (mmm un bon camembert), et des livres! 


Caroline vient de me prêter ce livre-ci que j'aurais du mal à ranger dans une catégorie (oh et puis on s'en fout des catégories!). Le dessin et l'écriture se mêlent en rhapsodie, parfois à l'unisson, parfois en décalé, d'un même ton à vif, blessé, cru. Le trait de Delphine Priet-Mahéo est intense, oui expressionniste, difficile à oublier. L'écriture d'Aurélien Ducoudray est bien aiguisée, fine, elle incise l'air de rien.

Le sujet est dur: un rescapé de la guerre de 14 à la gueule... explosée. L'histoire n'est pas linéaire; j'ai aimé ces impressions tantôt précises, tantôt diffuses; certains épisodes sont troubles d'autres sont si crus que l'on n'en perd pas une miette. Tout cela forme un tout un peu halluciné et j'ai pensé aux drogues nécessaires pour supporter la vie après cette affreuse guerre, un trou dans la figure. 

Je trouve ce livre magnifique, délicat et violent en même temps, j'ai déjà envie de le relire, j'y ai pensé toute la journée. Je me suis souvenue des ambiances de Johnny got his gun  et aussi Les plus belles années de notre vie.






Oh et puis ce que j'ai vraiment aimé aussi, c'est la postface soigneusement documentée par de très belles photos, sur l'histoire des "blessés de la face". 

Un livre précieux et une collaboration vraiment fertile et nourrissante. 

À partir de quel âge? Je ne sais pas. Ça dépend de la matûrité de vos enfants (14-15 ans?). Charlotte, je crois que tu aimerais. 

Sur le même thème: écouter le Fil de l'Histoire sur FranceInter, sur les gueules cassées...

Bonne semaine!

,

mercredi 11 juillet 2012

Inspiration (la solitude)

J'attends toujours impatiemment les moments de solitude... Je sais bien que c'est une force, car on est seuls, tous nus devant la mort. Alors je trouve ce poème filmé vraiment joli et juste: la solitude mode d'emploi, si vous la souffrez.


jeudi 28 juin 2012

Le monde fou-dingue de John Irving



Donc, j'ai plongé dans ce monde-là, tête la première. Je suis amoureuse d'Irving, il me fait rire, me rend heureuse, je me lève plus tôt pour être avec lui, j'aime qu'il me manque, je trouve ses défauts indispensables, il me donne envie d'écrire, de lire, mais surtout, ô surtout, de vivre!

J'ai complètement aimé cette famille de fous, ces histoires d'hôtels sans clients mais abondamment habités, les orgasmes à tous âges, les morts, les suicides, et ce viol tragique, affreux,  raconté avec une telle pudeur et un humour si risqué que cela devient supportable au lecteur. Ses personnages tiennent tout seuls, tout s'enchaîne avec la nécessité d'une vraie vie, il n'y manque rien, la construction est flamboyante. 

J'ai réussi l'exploit de faire durer les cinquante dernières pages de L'hôtel New Hampshire une bonne dizaine de jours, et les trois dernières pages, sans doute deux jours... Ah les mondes que fait naître cet homme! Le type est un génie: on y croit, ça sent l'ourse, ça parle allemand, on voit très bien ces toilettes d'écoliers installées dans les chambres, Lily tape à la machine, la bate de Freud frappe le plancher.

C'est juste toujours un peu dur de refermer le livre et que tout disparaisse...

Irving, ma grande découverte de l'année dernière avec Twisted River. Je suis tellement impatiente de lire le prochain, la vie n'est pas terminée!!

Si vous partez en vacances avec quelques heures de hamac à occuper, c'est une lecture parfaite!





mercredi 20 juin 2012

Le temps retrouvé

Cela montait depuis un temps. Ce rythme saccadé de la ville, du quotidien, la difficulté de s'aménager de longues plages de temps libérées des activités qui découpent les journées, des coups de téléphone, des imprévus. Nous avions besoin d'un temps suspendu, hors de la routine, prendre le temps de pouvoir en perdre, se perdre un peu, et puis que l'énergie revienne pour créer, inventer de nouveaux projets, regarder, et s'incruster dans le présent. 

Spectacle de tous les jours en face de notre fenêtre (photo Chimi)

Nous avons sous-loué notre appartement deux mois (airbnb), loué une petite cabane dans un village, près de Oaxaca city à environ 500km de México. Je ne regrette pas une seconde cette décision. Une retraite de deux mois loin des entraves du quotidien, avec des valises de papier, de livres, d'idées à concrétiser, de meubles à dessiner, à concevoir  (pour lui), d'ateliers, de cours à inventer, à proposer, de trucs à écrire... Une remise de pendules à l'heure. Je travaille en ligne à 70%, donc je n'étais pas en vacances, mais pas d'ateliers en présence pendant ce temps-là.

 Cela correspond évidemment à des situations professionnelles assez libres et risquées, c'est un choix de vie. Vous connaissez Stefan Sagmeister? Il intègre le congé sabbatique créatif à sa vie depuis presque 15 ans... Les visées sont autres que les nôtres, mais ce qu'il dit est inspirant. Plutôt qu'une pause tous les 7 ans, j'espère que nous réussirons à aménager une retraite créative chaque année...



Je suis consciente du privilège d'exercer un métier qui n'est pas un travail mais une vocation; du coup les vacances ont tendance à m'agacer et à m'ennuyer. Mais ces pauses où l'on a enfin le temps de se plonger dans des idées à fond, de lire sans interruption, de prendre des décisions importantes pour mener une vie qui ait du sens, qu'est-ce que ça vaut le coup! encore une dizaine de jours mais nous revenons tous les deux chargés à bloc avec de beaux projets concrétisés pour continuer l'année...


Et vous, vous y pensez?
(pour les français: les vacances au Mexique, correspondent à une moyenne d'entre 7 et 14 jours par an).

mardi 12 juin 2012

Inspire, inspire

3 jours en ville, pour respirer un peu de soufre (bon oui et venir à un colloque), boire beaucoup de café, marcher, marcher, marcher, écouter de la philo et blablabla, et reprendre quelques conversations... C'est bon la folie de la ville aussi!

Cette ville est dingue, on étouffe et en même temps, on y vit intensément... une vraie drogue dure.

J'ai oublié mon appareil photo à la campagne, mais écoutez cette émission sur México, de France Q (comme d'hab); c'est EXACTEMENT l'ambiance! la bande sonore est très juste. Et au début, la ballade, c'est dans mon quartier!

L'ambiance dans la cantina avec cet écrivain génial et complètement décadent (Guillermo Fadanelli), c'est ça, sans censure... Assez folle cette radio, j'adore! allez hop :






http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-villes-mondes-mexico-2012-05-27

Ça dure deux heures, la dernière partie est un entretien avec Carlos Fuentes, dans un français plus que parfait, quelques semaines à peine avant sa mort, magnifique et transparent... 

Je ne sais pas si je vous avais déjà dit combien j'aime cette radio, mais quelle liberté bon sang de bois!

vendredi 8 juin 2012

La campagne, soit, mais point trop n'en faut (II) ses joies encore


Son marché coloré et pittoresque:


L'on y mange des nourritures anti-maillots de bain



L'on y voue une grande dévotion à la mort, la Santa Muerte

Des bougies qui sont des remèdes aux maux diverses et variés.




Non, ce ne sont pas des commères. Telles que vous les voyez, elles sont occuppées à parler de politique.
(c'est vrai).


(pour aller avec la bougie , des tisanes soignent-tout)



Confiseries.






pains de sucre



Pas de quoi fouetter un chat, donc.

(D'accord, j'écris très peu ici, mais c'est parce qu'on ne m'arrête plus, ).

mercredi 6 juin 2012

It was a pleasure to burn.

Bradbury, in memoriam.


"C'est à une température de 451 degrés fahrenheit que le papier s'enflamme..."





J'utilise cette intro de Bradbury au roman graphique de Fahrenheit 451 comme exercice pour un Atelier d'Écriture, ça donne toujours des résultats complètement inattendus.


"May I suggest that anyone reading this introduction should take the time to name the one book that he or she would most want to memorize and protect from any censors or "firemen." And not only name the book, but give the reasons why they would wish to memorize it and why it would be a valuable asset to be recited and remembered in the future. I think this would make for a lively session when my readers meet and tell the books they named and memorized, and why."
- Ray Bradbury July 2009



Alors, quel est le livre que vous voudriez mémoriser pour le protéger de la censure? 

Moi je pense que ce serait un dictionnaire; mais j'aimerais un jour pour de vrai mémoriser complètement Les fleurs du mal et  aussi Seuls demeurent de R.Char. Défi.


ah: je rajoute le lien vers l'excellent site Letters of Notes (merci Céleste), lisez celle de Bradbury!

mardi 5 juin 2012

La campagne, soit, mais point trop n'en faut (I) Ses joies


Et voilà oú nous  en sommes, perchés au coeur d'un petit village, attachant et sympathique.

Certes, vous avez des nains de jardin, ici nous sommes plus terre à terre,

moins rêveurs sans doute.

Une nature épanouie et merveilleuse.

Des bêtes en veux-tu en voilà.

Guillerettes et têtues.


Une nourriture saine et fraîche.

Des maisons au style régional inimitable.

Des traditions dont le charme désuet nous émeut (les niouzes du village dans le haut-parleur
du "vocho"/coccinelle: "ce dimanche, la messe aura lieu à 10h15 et pas à 11h. Pot de l'amitié
pour les mamans.")


Une culture tout à fait étonnante.

Sauvage et mystérieuse.

Une jeunesse habitée d'un élan artistique plein de vie
et d'enthousiasme.

Une culture pittoresque, oui, qui invite à la fête.
...


Bon et pour la Patagonie, ne crions pas victoire mais nous sommes enfin  au Costa-Rica. C'est