Le filet à papillons

mercredi 20 juin 2012

Le temps retrouvé

Cela montait depuis un temps. Ce rythme saccadé de la ville, du quotidien, la difficulté de s'aménager de longues plages de temps libérées des activités qui découpent les journées, des coups de téléphone, des imprévus. Nous avions besoin d'un temps suspendu, hors de la routine, prendre le temps de pouvoir en perdre, se perdre un peu, et puis que l'énergie revienne pour créer, inventer de nouveaux projets, regarder, et s'incruster dans le présent. 

Spectacle de tous les jours en face de notre fenêtre (photo Chimi)

Nous avons sous-loué notre appartement deux mois (airbnb), loué une petite cabane dans un village, près de Oaxaca city à environ 500km de México. Je ne regrette pas une seconde cette décision. Une retraite de deux mois loin des entraves du quotidien, avec des valises de papier, de livres, d'idées à concrétiser, de meubles à dessiner, à concevoir  (pour lui), d'ateliers, de cours à inventer, à proposer, de trucs à écrire... Une remise de pendules à l'heure. Je travaille en ligne à 70%, donc je n'étais pas en vacances, mais pas d'ateliers en présence pendant ce temps-là.

 Cela correspond évidemment à des situations professionnelles assez libres et risquées, c'est un choix de vie. Vous connaissez Stefan Sagmeister? Il intègre le congé sabbatique créatif à sa vie depuis presque 15 ans... Les visées sont autres que les nôtres, mais ce qu'il dit est inspirant. Plutôt qu'une pause tous les 7 ans, j'espère que nous réussirons à aménager une retraite créative chaque année...



Je suis consciente du privilège d'exercer un métier qui n'est pas un travail mais une vocation; du coup les vacances ont tendance à m'agacer et à m'ennuyer. Mais ces pauses où l'on a enfin le temps de se plonger dans des idées à fond, de lire sans interruption, de prendre des décisions importantes pour mener une vie qui ait du sens, qu'est-ce que ça vaut le coup! encore une dizaine de jours mais nous revenons tous les deux chargés à bloc avec de beaux projets concrétisés pour continuer l'année...


Et vous, vous y pensez?
(pour les français: les vacances au Mexique, correspondent à une moyenne d'entre 7 et 14 jours par an).

2 commentaires:

  1. je comprends bien ce que tu écris...et rêverais de pouvoir faire la même chose avec de vraies pauses dans l'année, de prendre du temps pour ne rien faire...j'en rêve mais impossible dans mon travail, trop d'engagements. une année sabbatique serait un rêve...à envisager un jour, qui sait?

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    1. oui il faut s'organiser longtemps à l'avance et pas tous les métiers s'y prêtent, ni tous les moments de la vie (parfois les autres ont vraiment besoin de nous)... Je ne le vois pas comme un temps pour ne rien faire, mais au contraire pour faire pleinement ce qui te tient à coeur, sans les contraintes du quotidien (tant matérielles que sociales...). Avec ton métier tu pourrais te donner quelques mois d'expérience à l'étranger?... besos Marie!

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En ce moment, certains comms n'apparaissent pas, je n'y peux rien du tout ;-( n'hésitez pas à m'écrire...