Le filet à papillons

jeudi 13 décembre 2012

Ah mais moi aussi I ♥ my libraire!

Bon sang de bois, allons donc chez nos libraires! Oui, ceux qui se souviennent de nous, ceux qui sont secrètement intrigués par nos goûts, ceux qui nous recommandent avec émotion ce livre qui vient de leur arracher le coeur ou un sourire... Résistons aux grands dinosaures! Ah nos librairies chéries, nos lieux d'érotisme, d'aventure, de liberté, nos lieux de résistance!



Voilà qui me fit sortir de ma torpeur: quand j'ai lu ça chez Céleste d'abord et chez Gaelle ensuite, mon sang n'a fait qu'un tour! Et puis chez La Blonde , , Eliabar, This pretty thing, et les soupiers bien entendu...

Le pire étant que j'ai tendance à fréquenter assez souvent le grand site de la chasseresse du livre... L'article de Gaelle m'a réveillée. Donc si vous connaissez des librairies chouettes avec des sites marchands, tenez-moi au courant, j'aurais l'impression de vivre un peu l'histoire de 84, Charing Cross road... (Tu fais comment Emma?)

Alors ici, oui, je vais souvent à la bibliothèque française, je m'y endors dans de larges fauteuils, je lis les Inrocks et XXI, je découvre des trésors. Mais de librairie comme ça  oú j'ai le coeur qui frétille en passant le pas de la porte, RIEN, le DÉSERT.

Et c'est alors, en lisant tous vos mots, que je me suis souvenue... des heures passées à relire Belle du Seigneur dans la librairie de la rue Saint-André des arts en sortant du ciné; j'y avais planqué un ticket de métro. Il y est resté jusqu'à la fin de ma lecture. 

Et puis bien sûr cette chilienne Avenue de Versailles. 
Je vivais dans le 16ème, un désert de librairies, la bibliothèque la plus petite de Paris. Et puis Elle, qui n'est plus là. La porte bleue, mon regard perplexe la première fois que je suis entrée: je n'y comprenais rien, à ces piles jusqu'au plafond. Elle riait de mes listes de khâgneuse bibliophage. Là, à côté des Méditations sur le tarot, Rimbaud et les Illuminations dans une édition ailleurs impossible à dénicher. Je l'appelais deux fois par semaine, elle me trouvait tout, et plus. Assise au fond, sur un grand tabouret, son accent à couper au couteau, le talon de sa chaussure soutenant une pile de livres peut-être fraîchement arrivés. J'aimais bien qu'elle soit là, au milieu de tous ces tas, de tous ses rayons, de ce quartier mortellement ennuyeux. Elle était la vie que procure la lecture, ses yeux pétillants, son rire charmeur, son rouge à lèvres foncé. Elle était l'aventure, les chemins de traverse, le temps suspendu.

Comme cela me manque! (ah mais tout n'est pas sombre, ici, nous avons des bouquinistes formidables!).
Alors, vraiment, à bientôt.

7 commentaires:

  1. Oui, ça devient de plus en plus difficile pour nous libraires indépendants de batailler contre ces grosses structures et des injustices il en existe tellement d'autres ... comme par exemple :
    http://www.livreshebdo.fr/actualites/DetailsActuRub.aspx?id=9717

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    1. c'est vraiment impossible cette histoire d'impôts!

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  2. C'est beau, ces histoires de libraires.
    Ici aussi deux petits libraires ont mis la clé sous la porte ces derniers mois.
    Restent les bouquinistes avec qui l'on peut encore parler de livre (et pas seulement les payer).

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    1. C'est triste. Est-ce que Farenheit 451 a commencé? Je sais qu'il y a de plus en plus de livres publiés, mais les librairies sont des lieux d'humanité, des oasis...

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  3. C'est un tel bonheur de passer quelques heures dans une librairie !!!

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